Pause sur un thème emblématique du groupe Los Van Van, probablement la formation la plus importante de l'histoire de la musique populaire cubaine.
Le morceau Despues de todo est un Songo, qui met en valeur une des spécificités de Los Van Van, à savoir l'association des violons et des trombones (pas de trompette ni de sax chez eux), ce qui donne un groove si particulier, ayant contribué à appeler Los Van Van : el tren de la musica cubana. Cette sensation est palpable sur ce morceau, même sur un tempo assez lent de 85 BPM.
Despues de todo fut composé par Juan Formell dans les années 70, et interprété dans les années 80 par la chanteuse Mirtha Medina dans une version de style boléro.
Puis vint la chanteuse Yenisel Valdés en 2001, qui s'empara du morceau en 2004 à travers une version arrangée dans le style Timba. A partir de là, et jusqu'en 2017 (date de son départ du groupe), Despues de todo sera la chanson de Yeni Valdés.
Venons en au morceau...
Comme toujours dans la Timba, les morceaux présentent autant d'intérêt dans la musique que dans les paroles, car on y retrouve souvent des références à des textes d'autres morceaux/groupes, des chœurs mythiques repris par le public... Voici donc les paroles de Despues de Todo.
Pour moi, la musique cubaine, c'est d'abord du Live, donc ce sont des versions en concert qui vont illustrer cet article.
Ma version de référence est celle-ci. Elle date du concert de 2009 pour les 40 ans des Van Van au Théâtre Karl Marx de La Havana. A noter en particulier, entre la première partie très "hispanique" et la partie montuno, ce break incroyable, entre 4:10 et 4:45. L'arrangement de ce passage, très caractéristique des Van Van, met en valeur le chant, mais aussi les violons, les trombones, la basse et les percussions bien sûr, avant de lancer "le train" du groove jusqu'à la fin du morceau...
Comme souvent dans la musique cubaine, Yeni alterne entre la tristesse de son amour qui s'en est allé et la joie si caractéristique du peuple cubain, qu'on peut percevoir dans son échange avec le public, comme une catharsis collective.
L'émotion de Yeni est particulièrement perceptible dans le passage suivant, quand sa voix rugit sur les syllabes en gras, vers 4:25 sur la version live et vers 3:55 sur la version disque.
Si le morceau vous plait, voici d'autres versions/reprises :
- Première version live du morceau (Estreno !), le 4 décembre 2004 à La Piragua, où l'on voit l'expérimenté Mayito Rivera dans un rôle de choriste et de coach de Yeni pour cette première. Version sur un tempo soutenu, très timba, et très "trombone" sur la fin : https://www.youtube.com/watch?v=Hnp0SFdU9go
- Extraits de la partie montuno en Live, où Yeni improvise beaucoup, en prise avec une grosse ambiance dans la salle. Le son n'est pas terrible, mais on sent que ça peut durer des heures, et on y trouve un petit bijou de chœur vers 6:10 : https://www.dailymotion.com/video/x6esob
- Version live avec un excellent son et une bonne image, même si ce n'est pas celle qui transmet le plus d'émotion (public loin...) : https://www.youtube.com/watch?v=CDbiw9sxqVE
- Autre version live à Cuba : https://www.youtube.com/watch?v=tuZ9CBUdAQU
- Version piano par Yordan Jay Espengle, qui permet notamment d'apprécier le dernier montuno vers 2:50 : https://www.youtube.com/watch?v=3QI7SfXEuuw
- Pour apprécier davantage le pupitre trombone : https://www.youtube.com/watch?v=Lo0fo1NfQ_k

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